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Litak du clan de la Forêt Sombre - Chapitre XIX

XIX La tension était encore montée. Sharle fixait la montagne qui était encore trop lointaine à son goût. Il pestait contre le vent contraire qui obligeait l'équipage à tirer des bords et il ne supportait plus d'être sur ce bateau, impuissant. Il voulait être déjà à terre, courant vers le campement. Hélas, il restait encore une bonne heure de navigation et il devait ronger son frein. Soudain, l'impression de danger imminent se transforma en certitude. Une attaque était en cours, le clan était en danger. Il chercha Darmox, son lieutenant, du regard et s'aperçut que son calme habituel avait disparu. Il était tendu, les sens aux aguets. — Que pensez-vous de notre mission ? L'orque regarda longuement vers la montagne, puis il se tourna vers lui. — Monseigneur, je ne saurais dire pourquoi, mais je pense qu'elle ne sera pas aussi calme qu'escompté. Il pointa la vallée du Pic Jaune du menton. — Il se passe quelque chose là-haut. J...

Les cendres de Tirwendel - Chapitre XXVI

  XXVI Tilou aménageait la carriole que son oncle lui prêtait, afin que Naëwen puisse voyager confortablement lorsque Alnard arriva devant chez lui : — J'ai pris ma décision, je vais avec vous à Marendis ! — Pourquoi nous accompagnes-tu ? Rien ne t'y oblige. Alnard sourit à son ami : — Tu es au courant que je ne peux plus rester dans la garde ? Mais comme je n'ai aucune envie de passer ma vie à cultiver la terre, je me suis dit que c'était un bon prétexte pour quitter Vertpré. Et puis, Isbelle n'a toujours d'yeux que pour Redbert. Elle dit qu'il sera un jour quelqu'un d'important, tout ça parce qu'il est le fils du régisseur. Tu vois, je n'avais vraiment aucune raison de rester ici. J'ai une épée et deux bras, ça peut toujours être utile pour le voyage. Tilou lui montra un paquet allongé dans la carriole : — Je n'ai pas l'intention de me battre, mais j'ai aussi pris une épée au cas où. Mais même si j'ai ap...

Litak du clan de le Forêt Sombre - Chapitre XVIII

  XVIII Litak ne supportait plus cette sensation d'angoisse, qui grandissait en elle depuis que les chasseurs étaient partis. Était-ce à cause de ces nuages d'orage qui commençaient à recouvrir la vallée ? Elle tentait de continuer son travail, versant de l'eau sur la terre pour en faire une boue pâteuse qu'elle répandrait sur le toit de la construction, mais elle avait une furieuse envie de hurler pour prévenir le clan d'un danger. Zanéa ne disait plus rien, car son amie ne répondait plus aux blagues ni aux questions. Litak releva la tête et chercha Bratog du regard. Ce qu'elle vit lui glaça le sang. Le chef avait stoppé son activité. Il tenait sa hache en mains et guettait au loin. Lui aussi devait sentir le danger. Litak voulut prévenir son amie, mais elle vit quelque chose d'étrange s'envoler, près d'un buisson. Elle observa attentivement et, lorsque la chose commença à retomber, elle comprit. Elle hurla « Bratog ! ...

Les cendres de Tirwendel - Chapitre XXV

  XXV Ils arrivèrent à Tirwendel dans la nuit du troisième jour de voyage. Shack'Gan et Lak'Mor voyaient pour la première fois la cité royale des elfes et il leur fallut plusieurs minutes d'observation pour en comprendre l'ampleur. Si la plupart des cités elfes étaient bâties sur une dizaine d'arbres tout au plus, Tirwendel était constitué d'une bonne centaine de chênes immenses, bien plus grands que tous les arbres que le mage avait eu l'occasion de voir dans cette forêt des elfes. Comme à chaque fois, tout l'espace offert par les arbres était occupé, depuis les branches basses situées à une dizaine de mètres du sol, jusqu'à la canopée, si haute qu'il était impossible d'en distinguer les détails. Chaque arbre était relié à ses voisins par de multiples passerelles, dont les plus basses étaient équipées de postes de tir pour les archers. Au cœur d'un même arbre, les elfes pouvaient aisément passer d'une branche à l'aut...

Litak du clan de la forêt sombre - Chapitre XVII

  XVII Le seigneur Tass et sa fille étaient partis depuis deux jours. Deux jours durant lesquels Sharle n'avait cessé de s'interroger au sujet de Bessilla. Quelles étaient ses intentions ? Et celles de son père ? Il en avait parlé avec Jehan et Zarmak et tous deux avaient des doutes quant à leurs réelles motivations. Val aux Mines ne manquait pas de ressources, ni de débouchés commerciaux au sein des Belles Landes. Tass avait bien failli s'étouffer lorsque Jehan avait posé comme condition préalable à tout accord commercial une garantie de la dignité des travailleurs orques de Val aux Mines. Zarmak avait perçu à ce moment-là que jamais Tass ne céderait sur ce point. Les esclaves orques étaient pour lui une main d'œuvre efficace et très bon marché, qu'il ne considérait pas mieux qu'un troupeau de glapis laineux, et encore, les glapis ne se révoltaient pas eux. Néanmoins, il avait insisté pour poursuivre les négociations, alors qu...

Les cendres de Tirwendel - Chapitre XXIV

  XXIV Tilou et Alnard sortirent du village et commencèrent à remonter le chemin qui menait au palais du gouverneur, mais ils n'étaient toujours pas d'accord sur ce qu'ils devaient dire ou omettre. — Il faut lui dire qu'une elfe est dans le village. Le jeune forgeron était nerveux : — Tout ce qu'il doit savoir, c'est que des trolls ont attaqué et détruit Nelandir. Rien ne nous impose de lui dire pour Naëwen. Alnard n'en démordait pas : — C'est le gouverneur, il a le droit de le savoir. Tilou s'arrêta et fixa son ami : — Gouverneur ou pas, je ne lui fais pas confiance. Est-ce que tu peux seulement m'assurer qu'il ne lui fera aucun mal ? Alnard ne voulait pas lui faire de la peine, mais il devait lui remettre les idées en place : — Tu te souviens du petit lynx que tu avais trouvé ? Tilou sourit : — Évidemment ! Personne ne l'a oublié à Vertpré ! — Justement. Tu l'avais retrouvé blessé, abandonné et tu l'as recueilli...

Litak du clan de la Forêt Sombre - Chapitre XVI

XVI — Je sais où ils sont passés ! Il indiqua un point sur la carte. — Mais Tarin ne les a toujours pas retrouvés... — Et tu crois que cet imbécile est ma seule source d'informations ? Il fixait la carte comme s'il voulait y voir ses futures proies. — Nous sommes à peine rentrés dans nos frais la dernière fois. Nous allons organiser une nouvelle expédition et cette fois, pas question de les rater. — Là-bas ? Mais si nous nous faisons prendre... Le chef frappa la table du poing. — Surtout là-bas ! Il se tut un instant et l'homme vit dans le regard de son chef une lueur glaciale, implacable. — J'ai de vieux comptes à régler et si l'occasion se présente, je ne manquerai pas d'en profiter. L'homme prit congé non sans qu'un frisson ne lui parcoure l'échine. Le chef était intelligent, rusé, mais parfois aussi, inquiétant.

Les cendres de Tirwendel - Chapitre XXIII

  XXIII Lorsque Shack'Gan et Lak'Mor arrivèrent à Nelandir, la nuit était déjà tombée. Rol'Taar s'approcha d'eux, l'air inquiet et irrité à la fois : — Où étiez-vous passé ? Un coureur est arrivé. Il a déjà parlé à Zol'Kor et il a demandé après toi. — Que veut-il ? Le guerrier s'énerva : — Comment veux-tu que je le sache ? C'est à toi qu'il veut parler, pas à moi. Il poussa Shack'Gan vers la tente de commandement sans ménagement. Là, Zol'Kor faisait les cent pas autour du coureur. Il releva la tête lorsque le mage franchit le seuil : — Te voilà enfin ! J'étais sur le point d'envoyer des patrouilles à ta recherche ! Qu'est-ce que tu faisais en dehors de la cité ? Le mage observa le coureur quelques secondes avant de daigner répondre : — Ne pourrais-tu pas laisser notre ami se reposer au lieu de tourner autour de lui comme un oiseau de proie ? Sans même attendre la réponse du guerrier, il invita le coureur à s...